Le graffiti est une forme d’art à part entière, elle peut avoir des connotations positives, mais aussi péjoratives. Le street art est connu au travers du graffiti aujourd’hui, grâce à sa forte évolution due à sa présence de plus en plus puissante. Il désigne des dessins et des inscriptions imprévus peints à main levée sur un support quelconque, appartenant principalement à la voie publique. Le graff n’est pas seulement une forme d’art, c’est surtout une technique d’expression qui crée de vraies galeries en plein air. Les lieux d’exposition sont à la base stratégiques pour qu’ils soient vus de tous : dans la rue, sur les murs, les façades de bâtiments, les monuments ou encore dans les galeries d’art. Cette vision n’est pas perçue de la même manière par tous et est souvent incomprise. Cette culture n’est pas tout à fait ancrée dans les mœurs de tout le monde, souvent parce que le public n’en connait pas l’origine. Elle est fréquemment associée à des actes vandales et à une image de « bandits ». À travers cet article, vous découvrirez les raisons de sa présence, l’origine du street art qui tente encore aujourd’hui de prouver et justifier sa place dans le monde de l’art.
On pourrait penser que le graffiti est né à New York par sa forte notoriété et le pouvoir de la presse issu de la ville. Cependant, comme vous l’aurez lu dans le titre, le graffiti est réellement né dans la ville de Philadelphie. Ville capitale des Amish, située entre la célèbre New York et Washington, elle est le berceau du street art. Le père créateur de cet art est en fait l’artiste surnommé Cornbread, qui est à l’origine de ce mouvement Hip-Hop à la fin des années 60. Il finit par envahir les rues de son quartier et celles de toute la ville de Philadelphie. Cela prend un véritable tournant et la presse locale s’en mêle en déclarant par erreur sa mort. Il a donc voulu prouver le contraire en faisant parler de lui à travers des actes inédits à l’époque. Cornbread a tagué un éléphant du zoo de la ville mais aussi le jet privé du groupe mythique qu’était les Jackson 5 et finit par être suivi d’autres artistes comme Cool Earl.
La ville de Philadelphie est fière aujourd’hui d’être le fameux berceau du graffiti mais cela n’a pas toujours été le cas. Dans les années 80, le maire de l’époque avait lancé une campagne pour sensibiliser et regrouper les jeunes vandales pour œuvrer au nettoyage de la ville. Le maire fait appel à une personne de confiance à travers laquelle les jeunes artistes pouvaient se retrouver mais aussi les politiciens grâce à son statut. C’est Jane Golden qui a été appelée pour ce projet. C’était une artiste muraliste mais aussi diplômée de l’université de Stanford. Ensemble ils créent le Mural Arts Philadelphia (MAP) où la loi qui y régnait était : « L’art provoque le changement ». Ce mouvement a permis de souder certaines communautés comme les Afro-américains qui avaient mauvaise réputation pour les émeutes qu’ils provoquaient dans les rues. Ils ont tous œuvré dans ce projet dans la création de fresques. Aujourd’hui ce programme MAP compte plus de 3000 graffitis.
Ce phénomène a par la suite explosé à New York.
La culture hip-hop est un mouvement culturel qui a permis à la jeune population noire américaine de se distinguer. Elle se définit par quatre ingrédients : le human beatbox, le rap, le break dance et le graffiti artistique.
Le graffiti, lui, se propage dans toute la ville de New York. Il investit les rues et se répand davantage dans le métro. L’art des métros est devenu très populaire dans la ville. Tous les wagons ont été recouverts de tags et autres peintures par les artistes.
En France, Bando crée un nouveau style avec des lettres pointues et espacées. Il a ainsi sa marque de fabrique, impressionnant les autres artistes. Bando a la capacité de s’exprimer avec des graffitis précis, simples, nets et lisibles au premier regard.
On comprend que la culture du graffiti ne se compose pas seulement de l’alphabet, mais qu’elle met aussi à l’honneur les différents styles de calligraphie. Le tag est par définition une écriture produite par de simples traits. Tandis que le graff est un traçage de lettres contourées dans le but de leur donner du volume et de l’épaisseur, ce sont des lettres dessinées.
Les tags sont des signatures brutes et les graffs des fresques artistiques que l’on trouve sur les murs de la ville. Les graffs sont désormais souvent porteurs de messages.
Le jeu du writing a pour but de partir du lettrage classique et le personnaliser en faisant évoluer sa structure. Deux styles en ressortent. Le premier est le blokletter qui consiste à rester le plus lisible possible et se concentrer sur le tracé de la lettre. Le second est le « wildstyle » qui a pour but de dynamiser la forme des lettres, parfois en allant jusqu’à compliquer sa lisibilité.
Issus tous les deux de la même culture, celle du hip-Hop, le RAP et le street art sont souvent assimilés. C’est grâce à ce mouvement qu’aujourd’hui, des artistes célèbres sont nés. On retrouve NTM, Assassin ou encore TSR crew qui font encore parler d’eux à l’heure actuelle.
L’intégration du hip-Hop se renforce en 1984, ce qui crée des endroits de confrontation, des lieux de repère dans ce mouvement.
Les gens se rassemblent pour écouter du rap mais aussi pour voir les graffs. Le terrain vague de Stalingrad, où la place du Hip-Hop était très forte, est un haut lieu de ces rassemblements.
Les célèbres crews DRC et TCG se sont unis pour donner naissance au fameux NTM. Ils étaient principalement dans l’art du tag mais certains se sont lancés dans le rap. Ce changement de style a donné l’apparition de leur troisième album légendaire « Paris sous les bombes » en 1995. Devenu un véritable modèle du rap français, ils marquent toute une génération. Cette tendance a impacté les murs de Paris où des tags difficilement lisibles se sont affirmés.
Un peu plus tard, Hugo le writer adepte du graffiti vandale et membre du TSR crew, s’est aussi lancé dans le domaine du rap. Le style de rap d’Hugo est défini par une élocution rapide et très maîtrisée en se basant sur les rimes. Il raconte la chasse permanente du personnel de sécurité du métro, ou autres défendeurs de la cause « antigraffiti », envers les writers. Hugo explique avoir pratiqué cet art risqué de manière sérieuse et méticuleuse, puisant sa motivation uniquement dans le plaisir.